VÉGÉTAL SAUVAGE D'ORIGINE LOCALE en Nouvelle-Aquitaine

Le végétal sauvage d’origine locale

Le végétal sauvage d’origine locale, pilier d’écosystèmes résilients

La biodiversité n’a de cesse de s’éroder. Elle doit faire face à des changements globaux qui incitent à repenser les activités humaines pour les concilier avec la préservation du vivant. Dans ce contexte, la restauration des fonctionnalités des écosystèmes représente une priorité cruciale. Le choix d’espèces végétales adaptées dans les aménagements est déterminant à cet égard.

Chaîne alimentaire, cycle biologique, cycle de l’eau... Le végétal sauvage d’origine locale est une composante essentielle dans l’équilibre et la résilience des écosystèmes. Il constitue un levier d’action incontournable pour soutenir la biodiversité dans les aménagements écologiques et paysagers.

Pour favoriser ces végétaux sauvages et locaux, des plantations ou des semis peuvent s'avérer nécessaires. Il est alors judicieux de choisir une génétique locale et diversifiée, respectueuse des populations déjà présentes. Dès lors, les espèces sauvages d'origine locale doivent être disponibles chez les producteurs de végétaux. La demande pour ces plantes issues du territoire et à forte valeur environnementale est ainsi amenée à s’accroître. Cela implique de nouvelles pratiques et la structuration d’une filière dédiée.

Bleuet double et bleuet simple
Crédit photo : ©CBNSA/E. Caubel

Co-évolution et indigénat

Synonymes de découvertes majeures et d’avancées scientifiques, les grands voyages exploratoires de la fin du XVe siècle ont aussi marqué le transfert de nouvelles espèces d’un continent à un autre. Les espèces végétales présentes sur un territoire avant 1492 sont ainsi qualifiées d’”indigènes” et s’inscrivent dans des dynamiques naturelles millénaires. Fruits d’une longue coévolution, elles s’intègrent dans un riche tissu d’interactions complexes. À titre d'exemple, la période de floraison de nombreuses plantes coïncide avec la période d'activité des pollinisateurs et la forme des fleurs est adaptée à leurs pièces buccales.

À l'inverse, la sélection des qualités horticoles des végétaux a pu se faire au détriment de leur intérêt écologique. Dans la photo ci-contre, s’il gagne en visibilité et attire davantage les pollinisateurs, un bleuet à triple corole constitue un leurre écologique : les insectes n’y trouvent pas de nectar !

Corbet et al., 2001, Native or Exotic? Double or Single? Evaluating Plants for Pollinator-friendly Gardens Annals of botany
Bleuet double et bleuet simple
Crédit photo : @Ecowal/P.Colomb

10 bonnes raisons de miser sur les plantes sauvages et locales :

  1. Adaptation au milieu : présentes depuis des centaines, voire des milliers d’années, elles ont co-évolué avec leur environnement.
  2. Résistance aux aléas : leur présence ancienne sur le territoire et leur diversité génétique les rendent dans l'ensemble résilientes face aux aléas climatiques et maladies.
  3. Préservation du vivant : fruits d’une coévolution millénaires avec la faune et la flore, elles sont en interaction avec de nombreuses espèces (nourriture, gîte, déplacement, etc.) et induisent des services mutuels.
  4. Lutte contre les invasives : elles limitent la prolifération des espèces exotiques envahissantes et des ravageurs/maladies associés.
  5. Maintien du patrimoine génétique : par leur diversité génétique, elles préservent l’intégrité des populations locales et contribuent à la résilience des écosystèmes aux changements globaux.
  6. Valorisation de l’identité paysagère : elles participent à la conservation de l'aspect, des motifs, des couleurs des paysages typiques de chaque biorégion et à la connexion écologique entre les espaces (trame verte et bleue).
  7. Réduction des coûts d’entretien : elles demandent peu d’arrosage, moins de traitements, donc garantissent des économies à long terme.
  8. Contribution à la transition écologique : elles sont compatibles avec les démarches Zéro Phyto et la gestion durable.
  9. Soutien à l’économie locale : elles sont issues de filières régionales (collecteurs, producteurs) et leur emploi contribue au maintien du tissu économique local et à l'autonomie des territoires.
  10. Réponse aux objectifs réglementaires : elles apportent une solution concrète, pertinente pour l'application de la séquence Éviter-Réduire-Compenser, du Règlement européen sur la restauration de la nature, etc.

Végétal sauvage et local : les garanties d’une filière

Face au déclin de la biodiversité, le choix d’espèces végétales adaptées au territoire est un enjeu majeur pour les porteurs de projets de restauration écologique, d’aménagement paysager ou aménagement agroécologique. Entreprises du paysage, collectivités territoriales, bureaux d’études en écologie, entreprises du génie écologique, ou encore associations d’agro-foresterie, sont autant d’acteurs qui sèment, plantent, interviennent dans la restauration d’écosystèmes favorables à la faune et à la flore locales. Depuis 2015, la marque Végétal local apporte des garanties aux porteurs de projet sur l’origine sauvage et locale des végétaux.

Végétal “local”, ça veut dire quoi ? Focus sur la marque & ses régions d’origine

Pour garantir l’origine géographique et le caractère sauvage des végétaux utilisés dans des projets de végétalisation à vocation écologique et paysagère en France, les Conservatoires botaniques nationaux, le Réseau Haies France et Plante & Cité ont créé en 2015 la marque Végétal local, désormais propriété de l’Office français de la biodiversité (OFB). Un référentiel technique de même qu’un règlement d’usage lui sont associés et cadrent les étapes successives, de la collecte à la distribution des végétaux.

Pourquoi garantir l’origine géographique ? Parce que les caractéristiques écologiques diffèrent d’un territoire à l’autre, de grandes aires biogéographiques appelées “régions d’origine” ont été définies : elles permettent de déterminer les végétaux les plus adaptés au contexte écologique du chantier cible. Elles sont le fruit de la compilation de cartes géologiques, de climat, d’hydrographie, ou encore de végétations. Elles peuvent également être sous-divisées en sous-unités naturelles, une échelle plus fine qui prend en compte les particularités du territoire. La région Nouvelle-Aquitaine est ainsi couverte par 5 régions d’origine : “Sud-Ouest” (majoritaire), “Massif armoricain” et “Bassin parisien” au nord, “Massif central” dans le Limousin, et “Pyrénées” au sud.

Autrement dit, cette marque garantit la provenance géographique et sauvage des semences et des plants utilisés, depuis le lieu de collecte jusqu’à la vente.

Carte des régions d'origine divisant la métropole en zones homogènes en termes de climat, de géologie, d’hydrographie, de végétations...
La Nouvelle-Aquitaine est couverte par 5 régions d’origine

Qu’entend-on par végétal “sauvage” ?

Issus de graines voire de boutures collectées en milieux naturels, les végétaux dits “sauvages” proviennent de plantes n’ayant pas été semées ou plantées par l’homme. Produits ensuite sans sélection, les végétaux sauvages conservent leur diversité génétique. Les gammes végétales ainsi proposées sont adaptées aux conditions environnementales du territoire et résilientes face aux changements globaux en cours : un avantage certain dans les projets d’aménagements écologiques et paysagers visant la conservation ou la restauration de la biodiversité.

Un atout pour l’économie locale

Préserver la ressource, maintenir la diversité génétique, éviter les risques pour la biodiversité, la marque Végétal local présente bien des avantages. Elle s’appuie par ailleurs sur un réseau d’acteurs locaux au sein des régions d’origine : utiliser des végétaux marqués Végétal local, c’est participer à l’économie locale, et réduire le bilan carbone de son projet en évitant par exemple les transports longues distances.

La (re) végétalisation à vocation écologique et paysagère

La végétalisation à vocation écologique et paysagère valorise les végétaux sauvages d’origine locale sur un site donné. Elle vise à créer ou restaurer les fonctionnalités écologiques d’un milieu par l’expression d’une flore indigène adaptée, en équilibre avec les autres êtres vivants (insectes, bactéries, champignons, etc.). La démarche peut être “active”, c’est-à-dire en procédant à un semis ou une plantation d’espèces de la marque Végétal local. Néanmoins, il est souvent plus approprié de lui préférer une méthode “passive” : la libre évolution du site ou un simple changement de gestion favorable aux espèces indigènes. La végétalisation à vocation écologique et paysagère se pratique :

La libre évolution ou le changement de

gestion

sont souvent les plus favorables aux espèces indigènes